La plateforme devient le concurrent 🆚
Exploria #12 - IA contre SaaS 🆚, cyberdecks makers 🛠️, l'IA malgré tout 💼 et nouvelle interface de recherche Google 🎭
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Bienvenue dans cette 12e édition d’Exploria ! On est désormais 8 curieux. Que tu sois un curieux originel ou un nouveau curieux, bonne lecture ❤️
Au programme
Quand la plateforme devient le concurrent 🆚
Les cyberdecks : la woman tech’ !
Deloitte : foncer malgré tout
Google opère sa bascule vers l’IA : quand l’IA devient l’interface
Quand la plateforme devient le concurrent 🆚
Le 12 janvier 2026, Anthropic lance Claude CoWork. Trois semaines plus tard seulement, en février, la même Anthropic publie sur GitHub un dépôt nommé knowledge-work-plugins : une bibliothèque de prompts structurés pour guider Claude sur des cas d’usage métier bien précis (sales, marketing, legal, finance). Ce qui frappe, c’est la rapidité et la méthode : pas un vrai logiciel, pas une application au sens classique, mais une formalisation de prompts publiée sur GitHub. Difficile de ne pas y voir un écho direct à Claude Code, même logique : cadrer l’usage via des instructions bien ficelées plutôt que de construire un outil de A à Z.
La réaction des marchés a été immédiate et brutale : en quelques jours, la bourse américaine a perdu 285 milliards de dollars. Les perdants ? Les éditeurs de logiciels SaaS positionnés sur ces fonctions métier qui avaient justement intégré de l’IA (parfois celle de Claude) dans leurs produits pour rester compétitives. L’ironie est là : ces éditeurs avaient anticipé la vague IA en adaptant leurs outils, et c’est précisément la plateforme IA elle-même qui est venue les challenger sur leur propre terrain.
Ce moment illustre quelque chose que beaucoup avaient prédit aux débuts de l’IA générative : la vague ne viendrait pas uniquement de nouveaux entrants venus de nulle part, mais des plateformes elles-mêmes, qui pourraient décider du jour au lendemain de couvrir un segment entier du marché avec quelques milliers de lignes de code et un dépôt GitHub. C’est pour la même raison qu’on parle depuis quelques temps déjà de la Saas Apocalypse, la fin des Saas comme car l’IA pourrait tout développer à la volée. Et ce n’est que le début : les fonctions managériales restent encore largement dans la chasse gardée humaine, mais l’acculturation aux agents autonomes progresse. La tolérance à déléguer des tâches à une IA augmente avec l’expérience. La frontière recule.
Sources :
Les cyberdecks : la woman tech’ !
Un micro-ordinateur, c’est un PC, mais en version miniature. Pas “compact” au sens d’un laptop, mais vraiment miniature, taillé au plus juste pour rentrer dans un boîtier improbable. Le défi est avant tout technique : comment pousser la miniaturisation à l’extrême, et pourquoi pas avec un objet du quotidien ?
C’est là qu’arrive le cyberdeck. Le concept : glisser un ordinateur fonctionnel dans n’importe quel objet, dans un style franchement inspiré de la culture de l’espionnage fiction. On pense notamment aux compoudriers de Totally Spies, une petite idée dont je me souviens encore du nom aujourd’hui. Le résultat, ce sont des machines hors normes : un ordinateur dans une vieille radio, un terminal de commande dans une console rétro, un PC portable dans un boîtier cassette. Plusieurs créations récentes sont franchement bluffantes.
Ce qui frappe, c’est que cet univers est largement animé par des passionnés et notamment par beaucoup de femmes, ce qui est loin d’être la norme dans les communautés de créateurs dans ce domaine. Constance, journaliste tech chez France Info, a consacré un segment de son émission L’Oeil de Constance à ces créations, en assumant le lien avec la culture pop et l’imaginaire féminin autour des gadgets espions. Un angle rafraîchissant dans un monde du hardware encore très masculin.
Ce mouvement s’inscrit dans une tradition plus large des makers : des gens qui construisent, démontent, et reconstruisent les outils numériques plutôt que de simplement les consommer. Un antidote bienvenu à la monoculture du smartphone rectangulaire.
Source :
Deloitte : foncer malgré tout
Malgré un scandale retentissant en Australie où les hallucinations de son IA ont mis la firme dans l’embarras, Deloitte ne ralentit pas sur l’IA. La firme continue à investir massivement dans l’IA autonome, avec une ambition clairement affichée : scaler l’IA pour une vraie croissance.
Ce qui est intéressant ici, ce n’est pas tant l’incident lui-même que l’attitude qui s’en suit. Les grandes firmes de conseil ont un intérêt stratégique direct à avancer vite sur l’IA : c’est un avantage concurrentiel différenciant, qui peut leur permettre de sortir un rapport plus vite et de couvrir plus de sujets avec moins de ressources, d’identifier des patterns que l’analyse humaine raterait, puis de vendre toute cette expérience à prix d’or à d’autres entreprises. En observant comment ces firmes bougent (ce qu’elles testent, ce qu’elles abandonnent, les erreurs qu’elles font), on peut apprendre beaucoup sur ce qui fonctionne vraiment en conditions réelles.
Cet apprentissage par observation est précieux à plusieurs niveaux : pour une organisation, savoir ce qu’un cabinet qui fait tourner l’IA à grande échelle a raté permet d’éviter les mêmes erreurs ; pour un projet ou un side-project, comprendre les usages qui passent le cap de la démonstration et entrent en production ; pour son propre développement professionnel enfin, construire son positionnement dans un marché où l’IA transforme les attentes de compétence.
Deloitte avance malgré les critiques, et ça mérite qu’on s’y arrête, non pas pour les imiter aveuglément, mais pour apprendre de ce qu’un grand acteur fait avec ses moyens, et adapter ce qui nous est accessible.
Sources :
Deloitte : scale autonomous intelligence for real growth - Artificial Intelligence News
En Australie, les hallucinations de l’IA mettent Deloitte dans l’embarras - Les Echos
Google opère sa bascule vers l’IA : quand l’IA devient l’interface
Google opère la bascule tant attendue : l’entreprise remplace sa recherche traditionnelle par l’IA. Et Google va loin : sa réponse n’est pas un chat traditionnel, ce n’est pas juste une IA snippet en bandeau de réponse, c’est carrément une application web créée à la volée, spécialement pour nous, à la hauteur d’une vraie application web !
Le problème pour nous ? La fonctionnalité n’est pas disponible en France. Silicon Carne le souligne bien : notre réglementation empêche parfois les entreprises de lancer leurs nouveautés. Avec l’IA, les nouveautés sont de taille et passer à côté, c’est certes dommage, mais c’est surtout s’empêcher d’apprendre à utiliser ses outils et d’en découvrir le bon usage à terme. Le blocage se résout vite : un VPN, et c’est plié !
La news n’est clairement pas sans revers : mettre autant d’IA au centre de la recherche web, c’est avoir besoin de toujours plus de datacenters et de matériel, donc une augmentation de l’impact écologique et des besoins en ressources.
Évidemment, c’est un lancement : Google n’arrête pas sa recherche classique (et encore moins en France, où nous n’avons pas accès à la recherche IA). Mais c’est un changement de paradigme fort et maintenant que Google a franchi le cap, les autres moteurs vont suivre.
Sources :
Google IO 2026 : Nouvelles fonctionnalités de recherche - Google Blog
La France bloquée des nouvelles fonctionnalités IA - Silicon Carne
Question 🤔 : Et toi, dans ton entreprise comme dans ta vie pro, tu vois l’IA plutôt comme une menaces, une opportunité, ou les deux à la fois ?
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